L’impact du yoga sur le système nerveux

 

Yoga & système nerveux

Le yoga agit sur tout le corps et l’esprit. Et surtout sur le système nerveux autonome procurant de nombreux bienfaits.  C’est l’une des raisons du succès mondial de cette pratique.

Tout d’abord il faut comprendre comment fonctionne notre système nerveux.

Nous avons un système nerveux centrale (SNC) et un système nerveux périphérique (SNP):

SNC  est composé du cerveau, cervelet, tronc cérébral, moelle épinière

SNP est un ensemble de nerfs reliant les différentes parties du corps au système nerveux central (nerfs crâniens, nerfs rachidiens (tous les nerfs sortant du rachis: thoraciques, lombaires, sacrales)).

Le système nerveux périphérique comprend

-       Système nerveux somatique correspondant à la transmission d’informations de la peau à la moelle épinière indépendemment de notre volonté.

-       Système nerveux autonome (système nerveux neuro-végétatif) régulant les processus corporels automatiques comme la fréquence cardiaque, circulation sanguine, fréquence respiratoire, pression arterielle, digestion, régulation de la temperature. Il agit sur les organes internes indépendemment de notre volonté. On en distingue deux: système sympathique et parasympathique.

Le yoga a une action directe sur le système sympathique et para-sympathique.

Système nerveux sympathique: C’est le système nerveux de protection qui se met en place face à un danger. En anglais on l’appelle „fight or flight (& freeze)“. C’est la mise en mouvement et consommation de l’énérgie pour assurer la défense de l’organisme. C’est l’état d’alerte, de vigilence. Combattre ou prendre la fuite: Le cerveau produit de l’adrénaline et des corticoides, les muscles se contractent pour être prêt à fuir, les pupilles se dilatent pour mieux percevoir le danger, le rythme cardiaque s’accélère pour améliorer le débit sanguin, ce dernier augment pour améliorer l’oxygénation des cellules musculaires,  la respiration s’accélère, le corps se met à transpirer pour évacuer le surplus de chaleur, la bouche devient sèche et la digestion s’interrompt pour utiliser l’énergie pour la survie et non la „gaspiller“ pour digérer. Il faut vraiment imaginer la gazelle poursuivi par un tigre pour comprendre les effets sur l’organisme. C’est notre radar qui détecte le danger et prépare l’organisme à la survie. Il est donc bon et indispensable.

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Breathe in & breathe out

 

 

Système nerveux para-sympathique: C’est le système nerveux qui concourt à un état de détente de l’organisme. En anglais on l’appelle „rest & digest.“ C’est la mise en réserve de l’énergie: Le système produit de l’acétylcholine, un neuromédiateur qui régule les fonctions de base du corps: digestion, respiration, cicatrisation, sommeil, cycles de rêve. La respiration & le rythme cardiaque ralentissent; la digestion se met en route par la libération de l’insuline, l’augmentation des sécrétions salivaires, gastriques et intestinales;  le sommeil est profond et réparateur; les pupilles se rétractent (puisqu’il n’y a pas de danger); le corps refroidi; il stimule l’appétit sexuel. Ce système nous permet de récupérer après un danger ou de préparer l’organisme au cas où il y aura un danger en mettant l’énergie (de par la digestion) en réserve. Il est également bon et indispensable au bon fonctionnement de l’organisme.

Quand ces deux systèmes sont en équilibre on parle de homéostasie, un tonus de base. Quand tout va bien ces deux systèmes travaillent ensemble pour nous munir de réactions adéquates et appropriées avec notre environnement et avec nous-même.

Le problème commence quand l’un d’eux est trop fortement et trop souvent sollicité, ou plutôt quand l’autre ne l’est pas assez, c’est-à-dire quand la réponse nerveuse n’est plus adaptée à la situation.   C’est le cas lorsque notre réponse nerveuse sympathique est „allumée“ alors qu’il n’y a pas de danger. Il commence à surchauffer. En même temps, le système parasympathique ne travaille plus comme il devrait puisqu’il est moins sollicité. On parle alors d’un tonus faible du système parasympathique qui contre balance les effets physiologiques du syst. sympathique. La pratique du yoga tonifie donc ces deux branches du système neuro-végétatif et les remet en équilibre.

Les principaux nerfs du système parasympathique sont 4 nerfs crâniens (dont le nerf vague ou encore appelé nerf pneumogastrique ou encore Xe pair crânien) et 2 nerfs sacrés pelviens qui sortent au niveau L2-L4. Le pneumo-gastrique sort de la base du crâne au niveau de la Xe cervicale et innerve le coeur, les poumons, l’intestin, le foie et les glandes surrénales.  De par sa position, au niveau des cervicales et du sacrum, l’ensemble des nerfs parasympathiques deviennent accessibles par des postures de yoga comme le „chien et chat“, la bascule du bassin, les flexions et extensions de la colonne vertébrale et par la respiration. Mais aussi par la contraction des „bandha“ (lock) comme „mula bandha“ (contraction du périnée), „uddiyana bandha“ (contraction du bas de l’abdomen) et „jalanda bandha“ (montant vers la poitrine).  Tout comme la thérapie crânio-sacrale, ces mouvements du bassin et de la nuque ont un effet direct sur le nerf vague et donc  sur le système parasymathique. On peut alors, par la pratique régulière de yoga (respiration, postures, méditation) renforcer l’équilibre du système neuro-végétatif dont la dérégulation résulte en stress, problèmes digestifs, insomnie, manque de concentration, fatigue, douleurs chroniques.....

La respiration a également une action directe sur le système autonome. La respiration „ujjayi“ sollicite le larynx et rend la respiration audible. Le nerf vague passe au niveau du larynx et est activé par cette technique respiratoire.

Ensuite, les respirations profondes, ou plutôt, les expirations longues ont également un effet parasympathicotonique. 

 
Dalia Knight